info-histoire.comInfo et actualité de l'histoire
Sur le chemin de Compostelle : l’abbatiale de Conques

Sur le chemin de Compostelle : l’abbatiale de Conques

Par Tania Lévy, le

L’abbatiale Sainte Foy de Conques, située en Aveyron (12), est une célèbre étape du chemin de Compostelle qui passe par le Puy-en-Velay, la via Podiensis.
Niché sur une colline, le bourg médiéval de Conques accueille les pèlerins et les visiteurs dans une atmosphère incomparable. La beauté de l’architecture du village lui-même, avec sa pierre blonde et rouge, nous laisse une première impression d’émerveillement.

Enfin, nous arrivons au pied de l’abbatiale, sur une petite place qui contraste avec les proportions de la façade de l’église. Il faut s’arrêter un moment devant les sculptures du tympan de Conques, au-dessus du portail. Le Jugement dernier y est représenté, avec quelques détails savoureux, surtout du côté des damnés. Ce tympan a sans doute été réalisé au début du XIIe siècle : il comporte 124 personnages, très bien conservés.

Tympan du jugement dernier - Conques
Détail du tympan du jugement dernier - Eglise abbatiale de Conques

L’église abbatiale se dévoile ensuite à nous. Une fois à l’intérieur, l’harmonie de l’ensemble, la qualité de la lumière qui filtre par les tribunes et les vitraux incolores se conjuguent pour faire naître un sentiment de sérénité, et cela même sans être croyant. Il ne faut pas manquer les magnifiques chapiteaux sculptés (pour lesquels des jumelles sont conseillées!), datés de diverses époques, ce qui explique les différences de traitement : certains sont très travaillés alors que d’autres présentent uniquement des feuilles nues.

Le site doit son origine à un ermite du IXe siècle, Dadon, bientôt rejoint par d’autres hommes. Le monastère qui se crée alors adopte la règle de saint Benoît. Aidée par les largesses royales, Conques ne tarde pas à se développer. Mais c’est surtout l’arrivée (rocambolesque!) des reliques de sainte Foy qui amorce une période très prospère pour Conques. Les pèlerins affluent, ainsi que les dons en argent ou en matériaux précieux. Nous pouvons en voir l’illustration dans la Majesté Sainte Foy, reliquaire extraordinaire, composé d’éléments hétéroclites, dont beaucoup sont antiques et profanes (camées, intailles). Cette statue est certainement réalisée entre le IXe et le Xe siècle, pour abriter une relique de sainte Foy : un morceau de son crâne (relique dérobée à Agen vers 866).

Vue du cloitre de l'abbatiale de conques
Vue interieur de l'abbaye art roman de conques

L’église abbatiale est reconstruite à partir du XIe siècle mais ce furent surtout l’abbé Bégon III (1087-1107) et son successeur Boniface qui donnèrent à l’abbatiale son ampleur. Conques devient rapidement une cité importante du Rouergue et si sa période de prospérité se situe entre le XIe et le XIIe siècle, elle reste une ville médiévale d’envergure jusqu’aux guerres de religion du XVIe siècle. La cité décline ensuite et est laissée à l’abandon après la Révolution. L’infatigable Prosper Mérimée permet la restauration de l’abbatiale.

Cette église reste un lieu de création : en 1994, sont commandés à Pierre Soulages les vitraux de l’abbatiale. Ces vitraux s’intègrent tout à fait au lieu puisqu’ils restent dans l’esprit de l’ordre de saint Benoît : ils sont aniconiques et non colorés, jouant avec un verre plus ou moins translucide et les plombs.

Il reste à voir les vestiges du cloître, le Trésor – qui renferme la Sainte Foy – et faire le tour de l’abbatiale et du bourg médiéval. Ensuite, si le coeur vous en dit, vous pourrez continuer votre route vers Saint-Jacques-de-Compostelle!

Informations pratiques

www.tourisme-conques.fr (site très bien fait et complet pour préparer sa visite) ou 0820 820 803
Visite de l’abbatiale gratuite ; les horaires varient en fonction des saisons et des offices mais ils sont très larges. Des visites guidées de l’abbatiale et des tribunes sont organisées par l’Office de tourisme (joignable au numéro indiqué ci-dessus)
Visite du Trésor de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h30 d’avril à septembre ou de 10h à 12h et de 14h à 18h d’octobre à mars. 6,2 euros ou 4,2 euros, 2 euros pour les enfants.



A propos de l'auteur : Tania Lévy

Docteur en histoire de l'art, Tania Lévy travaille sur la peinture française entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, plus particulièrement à Lyon, mais également sur les fêtes et les arts éphémères.

A lire aussi :

8 mars : conférence sur les pèlerinages à Compostelle d'un marchand à la fin du XVe siècle
Inauguration, à Moissac (82), de la plaque UNESCO de l'église Saint-Pierre et du cloître