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Exposition <em>Henry Stuart, the Lost Prince</em> à la National Portrait Gallery de Londres

Exposition Henry Stuart, the Lost Prince à la National Portrait Gallery de Londres

Par Marie Billon, le

Il était l’espoir de la toute jeune Grande-Bretagne. Henry Frederick Stuart (1594-1612), fils du roi James Ier, devait devenir Henry IX, mais sa mort à l’âge de 18 ans a laissé le trône libre pour son jeune frère, Charles Ier, décapité en 1649.
C’est pour commémorer le 400ème anniversaire de la mort de ce prince perdu que la National Portrait Gallery de Londres a monté son exposition : « The Lost Prince, the life and death of Henry Stuart ».
Né en 1594, avant que la mort d’Elisabeth Ière ne fasse de son père le premier monarque à régner sur l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse, Henry Stuart a été élevé pour devenir un prince modèle. Sciences, arts et sports faisaient partie de son apprentissage. On le disait féru de joute, deux de ses armures d’enfance sont d’ailleurs en vitrine dans la galerie. C’était aussi un amateur de peintures, le musée expose donc plusieurs des tableaux que le prince collectionnait. Plusieurs portraits du jeune prince ornent aussi les murs. C’est comme un jeune garçon athlétique qu’il était représenté dans son enfance, et puis comme un jeune homme charmant et posé.

portrait d'Henry, Prince de Galles, par Isaac Olivier - 1610-12
Henry, Prince de Galles, par Isaac Oliver, c. 1610-12

Mort soudaine
Dès son adolescence, Henry Stuart était plongé dans les affaires d’Etat et il était clairement le chef de sa fratrie. Il était notamment très impliqué dans les préparatifs du mariage de sa sœur, Elizabeth, future reine de Bohème. C’est à ce moment-là que le jeune prince est tombé malade. Une fièvre intense que, selon le musée, les physiciens ont d’abord essayé de soigner de manière conventionnelle puis « avec les moyens du désespoir », en appliquant notamment « un pigeon mort sur son crâne rasé ». Mais rien n’y fit, et l’héritier du trône s’éteignit le 6 novembre 1612.
Le roi était désespéré. Il aurait parfois eu des moments de prise de conscience inopinés : « il était capable, en plein milieu d’une discussion officielle, de crier ‘Henry est mort, Henry est mort’ », explique le musée.
Mais avant les pleurs, il fallait connaître les causes de son décès. La cour a d’abord voulu blâmer les docteurs, le portrait de l’un d’entre eux est d’ailleurs exposé dans la galerie. Ils ont finalement rapidement été exonérés de tout soupçon, mais ce n’est que 270 ans plus tard que le diagnostique de fièvre typhoïde a été posé.

Prince Henry à cheval de Robert Peake, c. 1606-8
Prince Henry à cheval, de Robert Peake, c. 1606-8

Hommages inédits
Le temps du deuil est arrivé. Pour pleurer Henry Stuart des musiques funéraires sont composées – certaines sont d’ailleurs jouées dans la dernière salle de l’exposition. Le corps du jeune prince est exposé à Westminster, remplacé ensuite par une effigie de bois, en habits. Le mannequin, bien que très abîmé, est en démonstration au musée. Les bras ont été perdus, mais on distingue bien les jambes et les pieds. La tête et les mains étaient, elles, faites de cire.
Un hommage inédit pour un prince que le peuple a pleuré dans les rues de Londres, le jour de sa mise en terre. S’il avait vécu, Henry Stuart aurait épargné aux Britanniques les tendances absolutistes de son jeune frère, Charles Ier.
L’éducation d’Henry en faisait un prince humaniste, celle du second fils a, comme souvent, certainement été plus négligée. Si l’exposition ne fait aucune spéculation sur le roi que Charles Ier aurait été s’il avait bénéficié de la même éducation que son aîné, à aucun moment il n’est noté que les deux frères partageaient le même enseignement. Il est simplement écrit, à plusieurs reprises, que Charles Ier admirait profondément son grand frère.

Prince Henry et Robert Devereux, 3rd Comte d'Essex peinture de Robert Peake, c. 1605
Prince Henry et Robert Devereux,
3e Comte d’Essex, de Robert Peake, c. 1605
catalogue expo national portrait gallery The Lost Prince, the life and death of Henry Stuart

The Lost Prince: Henry Prince of Wales

Par Catharine MacLeod, Malcolm Smuts et Timothy Wilks
Editeur : National Portrait Gallery Publications – 2012
ISBN-10: 1855144581

The Lost Prince, the life and death of Henry Stuart

du 18 octobre 2012 au 13 janvier 2013
National Portrait Gallery, Londres



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